QC26
J-25
Méthodologie · Modèle 2.0.0

Comment QC26 calcule

Ce document décrit précisément ce que fait le moteur QC26, dans l'ordre où il le fait. Chaque paramètre cité est celui du code en production ; chaque changement est consigné dans le changelog.

Vue d'ensemble

QC26 combine, depuis la version 2.0, une moyenne des sondages et quatre familles de signaux indépendants (marchés de prédiction, fondamentaux, momentum, partielles), puis trois couches : (1) une moyenne des sondages corrigée et lissée dans le temps, (2) un modèle de circonscription qui projette cette moyenne sur les 127 circonscriptions à partir des résultats de 2022 transposés sur la carte 2026, (3) une simulation Monte Carlo (20 000 élections) qui propage toutes les sources d'erreur et produit des probabilités. Le seuil de majorité (64) est dérivé du nombre officiel de circonscriptions, jamais codé en dur.

Agrégation des sondages

Tout sondage provincial publié depuis le scrutin du 3 octobre 2022 est ingéré. Le document original de la firme (PDF) est téléchargé, haché (SHA-256), archivé et extrait page par page ; un modèle de langage propose une lecture structurée qui est ensuite validée mécaniquement : partis reconnus, somme des intentions entre 94 et 106 %, dates cohérentes, taille d'échantillon plausible, concordance avec un index tiers. Un sondage qui échoue à la validation est exclu et affiché comme tel.

Chaque sondage reçoit un poids = récence × échantillon × qualité. La récence suit une décroissance exponentielle de demi-vie 14 jours (7 jours en période électorale) ; l'échantillon compte pour √(n/1000), n plafonné à 2 500 pour éviter la domination des très gros sondages ; la qualité vaut 1 pour un document original validé, 0,85 pour une valeur d'index en attente de document.

Effets maison

Pour chaque firme ayant au moins deux sondages dans les 400 derniers jours, on mesure l'écart moyen de ses résultats à la moyenne (pondérée par la proximité temporelle, ±60 jours) des autres firmes. Cet écart est rétréci de moitié vers zéro puis borné à ±3 points. Il est soustrait des observations avant lissage. Les effets courants sont publiés sur la page Sondages.

Modèle temporel

L'état latent de l'opinion est estimé par un filtre de Kalman (marche aléatoire quotidienne, écart-type 0,012 dans l'espace logit) avec lissage de Rauch–Tung–Striebel. La variance d'observation de chaque sondage vient de sa taille effective (n divisé par un design effect selon le mode : web 1,30, IVR 1,40, téléphone 1,20) et d'une erreur non-échantillonnale de 1,5 point (« total survey error »). La projection au jour du vote ajoute une dérive proportionnelle aux jours restants (inflation 1,5) et une erreur d'industrie corrélée entre partis (σ ≈ 2,2 pt), calibrée sur l'écart entre sondages finaux et résultats en 2018 et 2022 : les firmes se trompent ensemble, et le modèle le sait.

Projection régionale et swing par segments

Le swing de base est proportionnel à l'échelle du Québec. Depuis la version 1.1, il est corrigé par un excès de swing par segment tiré des ventilations publiées par les firmes dans les 90 derniers jours (pondérées récence × √n) :

  • Langue : soutien chez les francophones et les non-francophones aujourd'hui, comparé à la référence 2022 (sondages Léger de fin de campagne 2022, documents archivés, recalés sur le résultat officiel). L'écart entre le swing du segment et le swing national est appliqué à chaque circonscription selon sa part de langue maternelle française au Recensement 2021 (Statistique Canada, aires de diffusion agrégées intersectées avec les limites 2026), avec un rétrécissement κ = 0,6.
  • Région : RMR de Montréal, RMR de Québec, reste du Québec, comparés aux résultats 2022 agrégés selon le même regroupement (affiné circonscription par circonscription), κ = 0,5.
  • Calibration : à chaque tirage, la moyenne des parts pondérée par les électeurs inscrits est ramenée au vote national simulé.

Une erreur régionale (σ 0,12 logit) indépendante entre 17 régions s'ajoute. La régression écologique des résultats 2022 sur la part francophone est publiée dans l'API à titre de diagnostic mais n'est pas utilisée : son extrapolation aux circonscriptions sans francophones est instable.

Modèle de circonscription

Le point de départ est le résultat 2022 transposé sur la carte 2026 : les résultats officiels par section de vote (Élections Québec) sont affectés à la circonscription 2026 contenant le centroïde de la section, puis les totaux officiels de chaque circonscription 2022 sont répartis selon cette distribution (hypothèse : les votes par anticipation suivent les votes du jour). Cette transposition reproduit exactement les chiffres publiés lors de la refonte de la carte (CAQ 93, PLQ 20, QS 11, PQ 3). Pour chaque simulation, la part du parti p dans la circonscription r vaut baseliner,p × (vote national simulép / vote national 2022p), multipliée par les erreurs régionale et locale (σ 0,20 logit) et par un effet candidat : −0,06 logit (≈ 1,3 pt) quand le·la député·e sortant·e ne se représente pas. Un parti sans candidature n'est pénalisé que lorsque sa liste est quasi complète (≥ 90 % des circonscriptions), pour ne pas interpréter un retard d'enregistrement.

Monte Carlo

20 000 tirages du vote national (loi normale multivariée dans l'espace logit), chacun propagé aux 127 circonscriptions. On en déduit les distributions de sièges, P(plus de sièges), P(majorité), P(minoritaire), les probabilités de victoire par circonscription et le classement des circonscriptions « à surveiller » (1 − probabilité du favori). Chaque run enregistre sa graine, son commit et sa date d'arrêt des données.

Au-delà des sondages (modèle 2.0)

Les sondages restent le cœur du modèle. Quatre signaux indépendants, tous archivés avec leur provenance et publiés séparément (page Signaux, champ summary.components de l'API), les corrigent à la marge. Aucun n'est saisi à la main ; l'absence d'un signal désactive simplement sa composante.

  1. Marchés de prédiction (Polymarket). Marchés « plus de sièges » par parti, « majorité PQ », tranches de sièges (PQ, CAQ, PLQ), 2e et 3e place ; prix « Oui » lus par l'API publique, historique quotidien archivé, marchés de moins de 5 000 $ ou périmés (> 72 h) ignorés. Plutôt que de mélanger des probabilités incohérentes, QC26 repondère ses 20 000 simulations (ajustement proportionnel itératif) pour que les probabilités de l'ensemble valent (1 − w)·modèle + w·marché, avec w = 0,30 pour le vainqueur et la majorité et w = 0,15 pour les tranches. Sièges, circonscriptions et intervalles restent ceux des mêmes simulations, pesées ; la taille d'échantillon effective (ESS) est publiée.
  2. Fondamentaux. Les rapports de sondage contiennent des questions structurantes (satisfaction à l'égard du gouvernement, meilleur·e premier·ère ministre, favorabilité des chef·fes, deuxième choix, souveraineté) que QC26 extrait avec la page citée. La satisfaction, pondérée récence (demi-vie 30 j) × √n, fixe un prior sur la part du parti sortant : part ≈ 6 + 0,6 × satisfaction (σ 5,5 pt ; calibration indicative sur les scrutins québécois de 2003 à 2022, les autres partis se partageant le reste au prorata des sondages). Ce prior est mélangé à l'état latent dans l'espace logit avec un poids qui vaut 20 % à 120 jours du vote et décroît linéairement jusqu'à 0 le jour J : loin du scrutin, les fondamentaux tempèrent les sondages ; le jour du vote, seuls les sondages comptent.
  3. Momentum. Trois indicateurs de dynamique sont convertis en un déplacement de la moyenne du vote au jour du scrutin : prime au chef (part « meilleur PM » parmi les répondants décidés − intention de vote, κ 0,15), attention publique (variation de la part des pages vues Wikipédia des partis et chef·fes, 7 j vs 28 j, κ 0,08 pt par point) et ton médiatique (titres de presse des 7 derniers jours classés par un modèle de langage, ton −1…+1 par parti, κ 0,5, atténué sous 10 articles). Le total est écrêté à ± 1 pt puis recentré à somme nulle : le momentum déplace du vote entre partis, il n'en crée pas.
  4. Élections partielles. Les cinq partielles tenues depuis octobre 2022 (résultats officiels DGEQ, tableau rendu puis archivé) sont comparées au résultat de l'élection générale 2022 dans la même circonscription. L'excès de swing local — le swing observé moins le swing national de la moyenne QC26 à la date de la partielle — corrige le prior de la circonscription 2026 correspondante, rétréci (κ 0,35, borné ± 1 logit). Les partielles corrigent aussi la liste des député·es sortant·es, désormais tirée du drapeau officiel de la liste des candidatures.

La vue « sondages seuls » (v1 : mêmes aléas, sans fondamentaux, momentum, partielles ni marchés) et la vue « modèle sans marchés » sont calculées à chaque run et publiées à côté de l'ensemble, pour que l'effet de chaque composante soit toujours lisible.

Incertitude

Les intervalles affichés sont des percentiles des simulations (80 % : 10–90 ; 95 % : 2,5–97,5). Ils intègrent l'erreur d'échantillonnage, l'erreur d'industrie, la dérive jusqu'au scrutin et les erreurs régionales et locales. Une carte QC26 n'affiche jamais une circonscription comme « gagnée » avant le vote : l'opacité traduit la probabilité.

Nowcast (soirée électorale)

Après 20 h, un modèle distinct combine le dernier forecast (prior) et les résultats officiels partiels d'Élections Québec. Dans chaque circonscription, la part estimée = w·observé + (1 − w)·(prior + swing national observé), où w est la fraction des bureaux dépouillés et le swing observé (écart pondéré entre résultats et prior dans les circonscriptions qui rapportent) est rétréci quand la couverture est faible. 4 000 simulations recalculent sièges et probabilité de majorité à chaque mise à jour. Un statut « Projeté QC26 » exige p ≥ 99,5 %, ≥ 30 % des bureaux et une marge ≥ 5 pts ; « Élu·e » et « Final » viennent uniquement des données officielles.

Boussole

48 énoncés sur 6 axes. Les positions des partis sont dérivées exclusivement des propositions extraites de leurs documents officiels (page + citation vérifiée dans le texte) : un modèle de langage situe le parti sur l'échelle −2…+2 uniquement si les propositions le permettent, sinon la position est « introuvable » et la question ne compte pas pour ce parti. La concordance utilisateur–parti est 1 − |u − p|/4, pondérée par l'importance. Les réponses restent dans le navigateur.

Sources

  • Élections Québec (données ouvertes officielles) : liste et géométrie des 127 circonscriptions 2026, électeurs inscrits, candidatures, partis autorisés et chef·fes, résultats 2018 et 2022 par circonscription et par section de vote, résultats du soir du vote.
  • Firmes de sondage : documents originaux (Léger, Pallas Data, Synopsis, Angus Reid, Mainstreet, SEGMA, Abacus, Research Co., etc.).
  • Sites officiels des partis : plateformes, programmes, engagements, cadres financiers, communiqués — versionnés.
  • Polymarket (API Gamma / CLOB publiques) : marchés « Quebec General Election » — prix, volumes, liquidité, historique quotidien.
  • Wikimedia (API REST pageviews) : pages vues quotidiennes des articles Wikipédia FR des cinq partis et de leurs chef·fes.
  • Presse québécoise via Google Actualités (Serper) : titres, médias, dates et URL des 48 dernières heures par parti ; classement (partis concernés, ton, sujet) par modèle de langage, validé mécaniquement. GDELT DOC 2.0 (volume et ton, Canada, français) en complément quand l'API répond.
  • Élections Québec : résultats officiels des élections partielles depuis 2022.
  • Statistique Canada : Recensement de la population 2021, profil des aires de diffusion agrégées et fichier des limites, agrégés aux 127 circonscriptions (langue, immigration, âge, revenu, tenure, scolarité, chômage).
  • Un index tiers (Wikipédia) sert uniquement à amorcer la liste des sondages et à repérer les documents originaux ; il est remplacé dès que le document est archivé.

Limites

  • Le swing est proportionnel, corrigé par langue et région ; les dynamiques locales ne sont captées que par le bruit régional, les partielles et le retrait des sortants.
  • Les marchés de prédiction sur le Québec sont minces (quelques centaines de milliers de dollars, marchés de tranches peu liquides) : leur poids est plafonné à 30 % et ils n'entrent que par repondération.
  • Le prior fondamentaux repose sur une calibration indicative (sept scrutins) et disparaît le jour du vote ; le ton médiatique dépend d'un classement automatique de titres, borné et affiché.
  • Les effets candidats se limitent au retrait du sortant ; notoriété locale et vedettes ne sont pas modélisées.
  • L'erreur d'industrie est calibrée sur deux élections seulement.
  • Le nombre de sondages par firme est faible pour plusieurs maisons : leurs effets maison ne sont pas estimés (aucune correction appliquée).
  • L'extraction documentaire dépend d'un modèle de langage ; les propositions à faible confiance sont mises en file de révision et non publiées.

QC26 est une plateforme indépendante d'analyse électorale. Les projections sont des estimations probabilistes et non des prédictions certaines. QC26 n'est affilié à aucun parti politique ni à Élections Québec.